Dans les Hautes-Pyrénées, une première formation aux violences conjugales à l’initiative du syndicat des femmes chirurgiens-dentistes a été organisée avec la participation de la préfète, Béatrice LAGARDE.

Fractures de dent, lèvres ouvertes : des blessures anodines qui peuvent être autant de signes de violences conjugales auxquels les chirurgiens-dentistes sont confrontés dans leurs cabinets. « Potentiellement, une femme sur dix est concernée par des problèmes de violences au sein de son couple », souligne Nathalie Ferrand, responsable de l’organisme national de formation femmes chirurgiens-dentistes. « Quand un dentiste est formé à ce type de violences, il est plus attentif et il ne passe pas à côté », est persuadée Nathalie Ferrand.

« Il faut qu’un lien de confiance s’instaure entre le dentiste et la patiente »
Comme le dit la préfète Béatrice Lagarde qui a ouvert la formation, « en tant que professionnel de premier recours, le chirurgien-dentiste se doit d’être en capacité d’accueillir ces femmes victimes ». Outre les blessures physiques qui peuvent mettre la puce à l’oreille du chirurgien, comme « l’hématome du voile du palais qui peut signifier une fellation forcée », il y a « tous les signes d’appel » de la patiente qui, par exemple, refuse les soins à l’intérieur de sa bouche.

« Mais cela peut mettre du temps. Il faut qu’un lien de confiance s’instaure entre le dentiste et la patiente. Parfois, la parole ne se libère qu’au bout du dixième rendez-vous. Nous ne sommes pas assistante sociale, juge, enquêteur ou psychologue. Notre rôle est de repérer les situations, d’informer et d’orienter ces patientes vers le CIDF (Centre d’information sur le droit des femmes), les associations de femmes, la police, la gendarmerie, le procureur, etc. » Mais dans la plupart des cas, c’est à la patiente de faire la démarche, munie du certificat médical rempli par le professionnel de santé.

« Nous avons seulement une obligation de signalement pour les mineurs et nous alertons bien évidemment en cas de danger de mort imminent », explique Nathalie Ferrand. Comme l’a rappelé la préfète, chaque année, 223.000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales, chaque jour une femme décède sous les coups de son conjoint alors que seulement une sur cinq dépose plainte, dissuadée souvent par « un sentiment de honte, de terreur ou de culpabilité ».